11 octobre 2009
Get out of my chair !
J'ai vu Twelve Monkeys, et j'étais vraiment motivée (pour vous dire : j'ai même refusé de rererevoir Zodiac pour voir un nouveau film, donc le truc de oufzor quoi). J'ai regretté. Alors bon, vite fait le résumé pour ceux qui ne connaîtraient pas : on est en 2035, et un virus mortel a décimé la majeure partie de l'humanité. Les survivants sont obligés de vivre sous Terre pour survivre. Certains scientifiques décident d'envoyer un prisonnier (désigné volontaire) dans le passé, pour récolter des informations sur le virus en question.
Déjà, je n'ai pas compris si c'était simplement dans le but d'en savoir plus sur le virus, ou dans l'idée après de pouvoir éviter sa prolification, et ainsi sauver l'humanité. Déjà. Mais bon ça à la limite c'est pas très grave. Le problème, c'est surtout que j'ai trouvé le film beaucoup trop long (et je rappelle que les longs films ne me font pas peur, simplement j'ai trouvé qu'il était lent, qu'on savait pas trop où on allait, et que c'était relativement fouilli donc désagréable à regarder), et pas spécialement fouillé au niveau de la psychologie des personnages, ce qui est quand même dommage dans un film d'anticipation. Je n'ai ressenti quasiment aucune empathie pour le personnage de Bruce Willis, à part au début, quand il est envoyé trop tôt dans le passé, et qu'on le croit fou. Et puis la relation qu'il entretient avec Madeleine Stowe ne m'a semblé à aucun moment réellement logique ou cohérente ; elle aussi le croit complètement taré, et puis à un moment donné, elle a une révélation et le prend en pitié et en amitié (et plus si affinités). Oui, mais non.
La réalisation m'a aussi dérangée, parce que je l'ai trouvée trop crue, et donc manquant de subtilité. Mais là je veux bien, parce que le personnage est dans le flou, qu'il est perdu et très seul, et donc forcément, on va pas nous sortir de jolies images sépia à la Jeunet et son Prout-Prout à tire-fesse larigot. Par contre, ça m'a amusée parce que j'ai bien vu d'où venait l'influence de Dupontel dans la réalisation. Mais bref, tout ça pour dire que j'ai trouvé ça brut de décoffrage ; quand on voit les scientifiques qui parlent presque comme des robots et qui sont tous contre lui, encore une fois, je trouve que ça manque un peu de finesse et que ça manquait l'objectif, un peu.
Et puis alors la fin. LA FIN ! Bordel. Ça n'a pas du tout influencé mon avis sur ce film, mais elle a valu une discussion sans fin avec Mohamed Couscous [attention, spoiler]. Parce que si le grand James Cole meurt devant les yeux du petit James Cole, pourquoi le petit ne meurt-il pas en même temps que le grand ? Ils ne forment qu'une seule et même personne, alors comment se fait-il que les deux se trouvent au même moment, au même endroit ? S'il meurt dans le futur, pourquoi n'est-il pas rayé du futur ? Et, surtout, tout au long du film on voit que James Cole a des flashes concernant sa propre mort dans l'aéroport, sans qu'il réussisse à déterminer qui meurt, justement. Mais on apprend à la fin que c'est lui. C'est donc qu'il a déjà vécu cette scène, pas vrai ? Donc c'est pas la première fois qu'il retourne dans le passé pour enrayer (ou pas) le virus. Le petit James Cole est-il donc condamné à revivre cette scène encore et encore ? Comprendre : n'y aura-t-il jamais de fin à cette histoire ? J'ai compris ça comme si elle devait se répéter à l'infini.
Bref, merci de m'éclairer.
Ah oui, j'ai aussi vu Fight Club, et j'ai été extrêment déçue aussi. Je connaissais la fin (merci Marcel), mais ça n'a changé en rien mon appréciation au film. Disons que j'ai beaucoup aimé le début, et à partir du moment où Tyler veut créer son chaos, et que tout part en couille, j'ai trouvé ça fort chiant et pas digne de David Fincher (AAaah... Zodiac...). Et puis pareil, à la fin, si Edward Norton (dont on ne connait à aucun moment le nom, si je ne me trompe pas) tue Tyler, c'est donc qu'il se tire une balle lui-même. Et si Tyler meurt, comment se fait-il que lui-même reste debout alors qu'ils ne forment qu'une seule personne ? Comment se fait-il que l'impact de la balle n'est pas le même chez les deux personnages ?
C'est que ça réfléchit, là-dedans...
15 septembre 2009
Hey Phil, look ! He's jackin' his little weenus !
The Hangover c'est pas mal du tout, dans le genre franche marrade ( Marant. Positivement marant.). J'ai trouvé ça relativement original, dans l'idée de retracer une histoire pour comprendre comment on en est arrivés là (bien que How I Met Your Mother utilise fréquemment ce procédé), et bien fait aussi puisqu'il me semble qu'on finit par tout expliquer. Les acteurs m'ont énormément plu, notamment Zach Galifianakis, qui a une belle tête de demeuré, et puis surtout Ed Helms, qui n'est autre qu'Andrew Bernard dans The Office, à savoir un des meilleurs personnages de la série. Et puis esthétiquement, le film m'a beaucoup plu, j'ai adoré le générique avec la correspondance musique - putains de fontaines. Un bon film vraiment sympa avec une vraie bite (roooh !) pendant le générique de fin (spoiler), et de bonnes répliques ("Oh, you know what ? Next week's no good for me... The Jonas Brothers are in town."), et du mauvais goût drôle.
Ah, et je tiens à préciser que je l'ai vu deux fois, dont la première en VF (obligée, pas le choix). Ben aussi surprenant que cela puisse paraître, elle était pas mal du tout. Alors certes, la voix d'Ed Helms manque beaucoup, mais elle est globalement bien faite, et parfois la traduction était mieux que les sous-titres.
Ah oui, j'ai aussi vu qu'allait sortir le film Shutter Island, tiré du livre du même nom de Dennis Lehane, qui n'est autre que l'auteur de Mystic River. Ce qui est dingue, c'est que j'ai lu ce bouquin cet été, sans savoir du tout qu'il allait être adapté. Et j'ai RIEN compris. Alors bon, le thème était très intéressant, comme chaque histoire avec un huis-clos, de toute façon. Honnêtement, c'était pas trop trop désagréable à lire, même si j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le livre parce qu'il y a énormément (trop) de personnages secondaires ; et c'est assez handicapant tout au fil de l'histoire parce qu'on a du mal à tout resituer (et c'est pas la faute de ma mémoire en mousse, j'ai obligé un meussieu à le lire pour m'esspliquer, et ça a été pareil pour lui). Donc bref, la fin m'a laissée sur le cul, mais pas dans le bon sens genre à la fin de Broken Flowers, non non, ça a été "Hein mais hein ? Quoi ? J'ai pas manqué une page, là ?", ce qui est relativement naze.
Alors je me tâte, je me dis d'un côté que si je vais le voir, ça pourra éventuellement m'éclairer sur la fin, et puis y'a Mark Ruffalo quoi, et Mark Ruffalo... nudge nudge.
Mais de l'autre côté, j'ai pas envie d'aller le voir.
03 septembre 2009
You know somethin', Utivich ? I think this might just be my masterpiece.
Inglourious Basterds, j'avais vu la bande annonce en février, j'avais trouvé l'accent de Brad Pitt trop coule ("And I want my scalps !"), et ça s'est arrêté là.
Et puis après, on m'a proposé d'aller le voir (en fait, pour être tout à fait honnête, on m'a proposé d'aller le voir et surtout d'aller manger au Quick avant, et on pourrait me faire acheter des places pour n'importe quoi pourvu qu'il y ait un Menu Giant à la clef), alors moi j'ai dit "mouais bof mouais bon", sachant que je n'avais vu aucun Tarantino avant çui-là et que y'a de la baston et du sang et moi ça me disait trop rien.
Hé ben putain, hé ben si j'aurais su j'aurais v'nu plus tôt. Alors tout d'abord, ce qui m'a plu, c'est que bordel de Dieu, ça fait plaisir de voir un film où les Allemands parlent en allemand aux Allemands, les Anglais parlent anglais aux Anglais, et les Français parlent français aux Français (sauf exception, et justifiée). Ça semble évident, mais ça n'est malheureusement pas la règle. D'ailleurs, je sais pas si c'est un clin d'œil par rapport à ce travers-là, mais il me semble que quand Brad Pitt dit que c'est lui qui parle le mieux italien parmi ces Basterds et que les seuls trucs qu'il est capable de dire c'est "Grazie" et "Arrideverci" avec un accent pas possible, c'est une manière de se moquer gentiment de cette absurdité. Et donc, d'un côté, on a cet aspect très réaliste, et de l'autre, une réalité historique dont Tarantino semble s'être complètement affranchi, ce qui est une bonne chose, parce que l'histoire ne rattrape pas le film. On ne se dit pas que le film va se terminer de telle manière et pas autrement, tout ça parce que Hitler s'est suicidé en avril 45. Et pourtant, ça reste crédible, dans la mesure où on se dit "ah oui tiens, pourquoi pas, ç'aurait pu se terminer comme ça". Parce que mine de rien, les histoires d'anticipation (comme Le Maître du Haut Château -que je n'ai pas lu, mais qu'on a porté à ma connaissance- , pour reprendre le thème de la 2nde guerre mondiale) sont majoritairement des romans au départ, et j'ai du mal à penser à un film qui se projette dans un futur possible sans qu'il ne soit une adaptation (1984, La Ferme des Animaux, Fahrenheit 451, Charlie...).
À part ça, j'ai été bluffée par absolument tous les acteurs (bon, peut-être pas par celui qui joue Marcel, mais comme on le voit cinq minutes en cumulé...), notamment par Brad Pitt, qui m'a époustouflifiée, mais aussi par Christoph Waltz. Et tous les autres. Et puis le film est quand même bien long, avec beaucoup de personnages, et pourtant, tous sont creusés, ont leur histoire, et ne sont absolument pas superficiels. À aucun moment Tarantino ne perd le fil de son histoire, qui est pourtant assez foisonnante et riche en détails, et je ne me suis jamais trouvée larguée (RARE !). Et, surtout, j'étais tellement dans le film que quand la fin est arrivée, je ne m'y attendais pas (et pourtant, même quand un film me plait, j'attends la fin dans la mesure où je la devine, normal quoi. Ben pas là, j'en ai oublié que c'était un film didon).
Et puis, évidemment, la musique est formidable, la réalisation m'a énormément plu, enfin, bien le mec quoi. Sûrement un des meilleurs films que j'ai vu cette année.
07 juillet 2009
Euh... pas books. Journals.
J'ai aussi vu Les Beaux Gosses (ouais, c'est la fête du slip du cinéma). Contrairement à certains, comme l'homme Rabat-Joie, je n'avais pas particulièrement peur d'être déçue, sachant que ce ne serait pas du grand cinéma (faut pas déconner), mais quand même relativement réussi (parce que bon, Riad Sattouf, c'est quand même loin d'être de la merde).
J'ai trouvé ça plutôt pas mal joué (alors bon, celui qui fait Hervé est limite parfois, genre quand il s'énerve contre sa mère ça sonne quand même très faux, mais le reste est quand même très crédible), la tête de Camel m'a fait rêver à partir du moment où j'ai vu sa tête (et surtout sa coupe de cheveux) sur l'affiche du film dans les couloirs du métro (et pour me faire rêver dans les couloirs du métro, faut le faire). Alors euh voilà, c'est amusant, la musique m'a beaucoup plu, et ce qui m'a frappée, c'est la gueule des acteurs, dont on aurait dit que certains sortaient tout droit d'un dessin de Riad Latouffe ; le casting a été plutôt réussi. Alors après, certes, ça peut ne pas être très subtil, par exemple dans la misère d'Hervé (boutons + fringues de merde + mère dépressive et divorcée + HLM + de la merde qui pleut du ciel), mais bizarrement, ça m'a pas du tout dérangée, et j'ai même trouvé ça plutôt crédible. Et puis bon, moi j'ai jamais été un garçon adolescent (Dieu merci, parce que ça donnait pas tellement envie), alors je sais pas, ON SAIT PAS. J'ai trouvé ça aussi réussi dans la mesure où Riad Tatouffe n'a pas essayé d'adapter Retour au Collège ou Le Manuel du Puceau (tous deux excellents) ; il y a simplement quelques clins d'yeux très bien vus, et c'est largement suffisant.
Pour finir en beauté, une charade tirée du livre de Monsieur Manatane, Mon humour fascinant :
Mon premier est une trompette de chasse (tuuut !).
Mon deuxième est une partie de l'anatomie féminine.
Mon tout se trouve dans un bocal aigre-doux.
Réponse : Des cornichons. Les nichons là... les nibards.
3, 2, 1... and the rest is silence.
J'ai vu The Boat that Rocked ("Good Morning England" en français, allez comprendre). C'est anglais, ça a la classe internationale, comme Bill Nighy, c'est plein plein de chansons qui font du bien aux oneilles (mais vraiment, hein, c'est dingue ce que ça faisait du bien ; comme si je m'étais habituée à tous ces connards qui font profiter tout le bus ou tout le métro de leur musique de merde et que je me rendais subitement compte qu'il y avait autre chose en dehors - bon, je vous rassure, j'écoute de la musique, hein. Tous les jours, même. Mais je la choisis, tandis que dans le flim - aussi bien que dans les transports - je la subis ; et là, je n'en étais que trop heureuse).
Bref. C'est jouissif parce que c'est foisonnant ; il y a quand même une bonne dose de personnages, et ils ont réussi à les creuser suffisamment pour qu'aucun ne soit superficiel, et qu'aucun ne soit vraiment lésé par rapport à un autre. C'est jouissif grâce au choix très judicieux des chansons, c'est jouissif parce qu'excessivement esthétique (que ce soit le bateau, qui fait quand même bien rêver, ou même au niveau des personnages, avec Bill Nighy qui, je le répète, est l'homme le plus classe du monde, au moins) ; enfin bref, en gros, c'est bien. Genre jouissif. Et puis ça fait toujours zizir de voir Rhys Darby.
Et puis c'est beau, c'est poignant (comme Laure LOL MDR PTDR XD spéciale kassdédi) parce que je n'ai pas pu m'empêcher de retenir la larmichette quand on voit des vinyles couler ; c'est à peu près aussi insupportable que lorsqu'on voit les livres brûler dans Farhenheit 451.
J'en profite aussi pour préciser que le réalisateur est Richard Curtis ; il a aussi réalisé Love Actually, que j'aime décidément très fort, et également Black Adder (série avec Hugh Laurie et Rowan Atkinson). Bref, c'est très anglais tout ça, et c'est très fort. Et puis je dis comme ça l'air de rien que sa femme c'est Helen Fielding, celle qui a écrit les Bridget Jones, et je vous rappelle que c'est excessivement bien écrit, touchant, très drôle et pas du tout dégoulinant de féminisme à deux balles (je rappelle que je suis souvent à deux doigts de la mysoginie, j'en veux pour preuve les téléfilms supposés être "érotiques" sur France 2, tous réalisés par des femmes, et tous hautement symboliques et foutrement chiants).
22 mai 2009
Un peu de Clitis, que diable.
J'ai vu Mystic River.
En lecteurs assidus de mon blog, vous vous rappelez sans doute que je l'ai lu. Et avant même de voir le film, j'ai été assez perturbée par le casting : Sean Penn interprète Jimmy, Tim Robbins joue Dave, et Kevin Bacon incarne Sean (admirez la technique : pas une seule répétition). Et donc vlà ce qui m'a gênée : pas un seul de ces acteurs n'est beau, pas vrai ? Ils sont abîmés, ils ont du caractère, du charme pour certains, mais ils ne sont pas beaux. Or, dans le livre, ils ont vraiment une jolie tête, tous autant qu'ils sont.
Autant, pour Sean Penn - Jimmy - je veux bien, ça passe. Parce que c'est le plus casse-cou des trois amis, il porte la marque de la prison sur son visage, admettons. Or, Kevin Bacon - Sean - est censé être le plus équilibré d'entre tous ; d'ailleurs il est policier, alors z'avez qu'à voir. Et l'acteur a le visage émacié, ça colle pas. Il a beau être talentueux, ça ne correspond absolument pas à l'image que je me suis faite à travers le bouquin. Et le pire, c'est Tim Robbins. Parce que Dave porte en lui ses cicatrices, son traumatisme ; mais en apparence, il donne à peu près le change. Il est beau ; on ne peut pas deviner qu'il a été abîmé plus jeune. Et Tim Robbins donne l'image d'un personnage complètement à l'ouest, vraiment déphasé, constamment. Un esprit de petit garçon qui n'a pas réussi à évoluer dans un corps d'adulte trop costaud, limite pataud. Ce qui m'a semblé très gênant ; c'est une autre interprétation, certes, mais celle du livre m'a plu parce qu'elle est beaucoup plus tragique (un homme qui essaye de donner une image de lui qui ne correspond pas à ce qu'il est, qui y arrive presque, mais qui est rattrapé par ses démons), et aussi plus subtile (le malaise est tu, mais omniprésent).
Un autre détail m'a vraiment dérangée aussi. Au tout début de l'histoire, Dave se fait enlever par deux hommes qui se font passer pour des policiers. Dans le livre, les trois gamins se font interpeler parce que Sean a jeté Dave à terre lors d'une dispute. Or, dans le film, Jimmy décide d'écrire son prénom à l'aide d'un bâton sur du ciment encore frais. Sean le suit, et Dave aussi ; mais il n'a pas le temps de terminer de l'inscrire qu'il se fait appeler par les deux faux flics. Pourquoi pas. Est donc marqué à vie "JIMMY / SEAN / DA". Alors c'est fort au niveau symbolique ; toute sa vie s'arrête là, elle est rompue nette alors qu'il n'est encore qu'un enfant (et avec sa vie s'arrête donc son innocence, sa pureté, etc.). Mais dans le livre, la culpabilité pèse beaucoup plus sur Jimmy, et surtout sur Dave : s'ils ne s'étaient pas battus, les faux policiers ne les auraient peut-être jamais interpelés (et la citation "Sometimes I think, I think all three of us got in that car...", prononcée par Sean, devient tout de suite beaucoup plus lourde de sens, parce qu'il repense sans cesse au moment où, involontairement, il a presque jeté ce gamin dans la gueule des loups).
Donc j'ai eu du mal à voir le film en tant que film, et non comme une adaptation. Et c'est pour cette raison que je n'ai que moyennement aimé.
Par contre, j'ai aussi vu Créance de Sang, qui est aussi une adaptation d'un roman de Michael Connelly, mais que je n'ai pas (encore) lu. Bon ben c'est un bon film policier, avec sa bonne dose de rebondissements et de suspense.
15 avril 2009
He said her house smells like soup.
Juno, j'avais pas envie de le voir. Par pur esprit de contradiction ; parce que tout le monde en parlait, qu'on l'a comparé à Little Miss Sunshine, ce qui m'a pas mal agacée, et parce que j'avais peur que ce soit trop excessif dans le côté "notre héroïne elle est trop barrée, t'as vu".
Et puis j'ai pas pu y échapper plus longtemps. Il était devant mon nez, et surtout, j'ai appris que Jason Bateman et Michael Cera jouaient dedans. Alors j'ai dit d'accord. Et ça me fait un peu suer de l'admettre, mais j'ai beaucoup aimé. Parce que c'est rigolo, c'est émouvant (très), le sujet n'est pas pris à la légère et pourtant, on n'a pas besoin de regarder le film en plissant les yeux et en se caressant le menton. J'ai aussi trouvé que ça évitait complètement le débat pour ou contre l'avortement, ce qui est quand même plutôt bien vu. Parce que le cheminement de Juno est très personnel, et qu'il n'y a finalement pas énormément de réflexion derrière tout ça, tout est ressenti, et c'est un détail qui paraît anodin qui la fait changer d'avis (le coup du "les bébés ont des ongles"). Alors, évidemment, quand on laisse la passion l'emporter sur la raison, on n'avorte pas. Et c'est comme ça, c'est humain, c'est pas un film anti-avortement.
La musique est chouette, les acteurs sont tous foutrement cool, et j'en profite pour hurler mon amour à Michael Cera et Jason Bateman.
Et comme j'ai de la suite dans les idées, j'en profite pour vous conseiller très très très fort la série Arrested Development, qui n'a tenu malheureusement que trois saisons. Mais qui est une des meilleures que je connaisse (entre beaucoup d'autres, certes, mais quand même).
30 mars 2009
Why is your head so bald ?
The Darjeeling Limited, c'est bien, même si c'est pas le meilleur Wes Anderson. Parce que les acteurs marchent très bien ensemble, que le prologue (Hotel Chevalier) nous plonge directement dans l'ambiance, et que vrout et merdre, c'est impressionnant de sentir le malaise entre les personnages de Jack et son ex copine, et ce à travers des détails très significatifs et bien trouvés (genre "kikoulol je suis encore au téléphone quand j'entre dans ta chambre". Enfin... tmtc). Parce que c'est beau, tout bêtement, et que c'est agréable de se laisser porter par le film sans trop savoir où on va. Que la musique est, comme d'habitude, très à propos (je pense en particulier à "Where do you go to (my lovely)").
Cela dit, j'ai bizarrement pas pleuré. Alors que pour tous ses autres films, j'ai été foutrement émue (donc Bottle Rocket, Rushmore, The Royal Tenenbaums et The Life Aquatic with Steve Zissou). Même quand Peter dit "I didn't save mine" et que ça m'a fait un pincement au cœur, ça ne m'a pas fait fondre en larmes. Peut-être parce qu'il y a quelque chose de très doux et très relaxant dans le film, même à l'enterrement du petit garçon, à l'opposé de l'enterrement de leur père.
Tout ça pour dire je sais pas trop quoi, sinon que Wes Anderson c'est pas de la merde, et que Natalie Portman a de jolies fesses.
J'ai aussi vu Harvey Milk, il y a un petit bout de temps, et c'était pas bien. J'ai trouvé qu'il y avait énormément de longueurs (pourtant, les longs films, ça me fait pas peur), et que c'était étrangement très superficiel. La fin est particulièrement lourde, aussi, trop symbolique et pas assez modeste (non mais il meurt en voyant l'opéra, quoi, COME ON !). James Franco est particulièrement chouette, par contre, et il porte tellement bien la moustache et la veste en cuir que je le voyais bien interpréter Freddie Mercury.
19 février 2009
Sometimes I think, I think all three of us got in that car...
Quelques petits trucs en vrac :
- Rubrique films (foutrement intellos) :
Forgetting Sarah Marshall est un film modeste et génial, avec un rythme parfaitement soutenu et des blagues à tomber par terre, avec un Jason Segel encore présentable, pas encore tout à fait obèse et alcoolique, avec des yeux à vous faire fondre (gaaah), et une Mila Kunis pas trop dégueu, pour ne pas dire absolument craquante (mais je dois vous dire que ce ne sont pas ses vrais nénés qu'on voit sur la photo dans le film, et heureusement d'ailleurs, parce que bof, quoi). Ce que j'aime, dans ce genre de films, c'est qu'aucun des personnages n'est caricatural, donc ils sont logiquement très crédibles. Et surtout, c'est intelligemment fait. Parce que le personnage de Peter est malheureux, et qu'il ne tombe pas subitement amoureux de Rachel quand il la voit. La rupture le détruit, il en bave et il en devient complètement con et psychopathe, ce qui est d'une part très amusant, et d'une autre part très bien vu. Et Bill Hader est un dieu vivant.
Old School aurait pu me plaire, parce que Will Ferrell, Luke Wilson et Vince Vaughn, mais en fait non. Il est regardable, acceptable je suppose, mais on dirait plus une succession de sketches qu'un film avec un fil conducteur. Les personnages se rencontrent et nouent tout de suite une relation très intime, su-per quoi, j'ai envie de dire, même pas ça se passe comme ça dans la vraie vie. Une grosse majorité des événements du film sont simplement anecdotiques et n'ont aucune (ou presque) conséquence, donc arrivent comme un cheveu sur la soupe. Enfin j'ai juste trouvé ça maladroit, m'enfin puisque Will Ferrell chante "Dust in the wind" et qu'on entend "The sound of silence", je vais pas non plus crier au désastre.
Rubrique livres (foutrement pas psychopathes) :
Mystic River raconte l'histoire de trois garçons : Dave, Jimmy et Sean. Trois copains. Et un jour, Dave se fait raccompagner par deux flics chez lui, en voiture. Sauf que ce ne sont pas de vrais policiers, et que le garçon réapparaît quatre jours plus tard, sans qu'on sache réellement ce qui s'est passé pendant ce laps de temps. Et puis on fait un bond dans le temps, une vingtaine d'années plus tard, où un événement terrible va les réunir de nouveau tous les trois. J'ai adoré ce livre dans la mesure où on ne sait absolument pas où l'histoire nous mène, et que c'est très agréable de se laisser porter par les événements. A aucun moment on ne tombe dans le pathos facile qui nous ferait tirer des larmes, et pourtant le sujet s'y prêterait volontiers. Mais non, c'est traîté de telle manière qu'on ressent cet enlèvement comme un malaise ambiant, quelque chose dont on ne parle pas directement mais qui est omniprésent, chez Dave comme chez ses amis. Et surtout, aucun des trois personnages principal n'est exemplaire, mais ils sont tous incroyablement humains, avec leur part de vices cachés. Et parce que chacun sait qu'il peut basculer dans l'horreur à tout moment, chacun se raccroche aux petits bonheurs de la vie. Donc parallèlement aux événements atroces qui ont lieu dans ce livre, on y trouve un "hymne à la vie" (comme le dit mon quatrième de couverture) formidable.
Un tueur si proche est un livre écrit par Ann Rule, une proche de Ted Bundy. Pour vous resituer un peu, Ted Bundy est sans aucun doute un des plus grands tueurs en série que les États-Unis a connu, et surtout le plus fascinant. Parce qu'extrêmement intelligent, charismatique et très beau. Ann Rule étant une romancière, journaliste et ancienne policière, le livre est très bien construit, mais également aussi très modeste puisqu'elle ne se met à aucun moment en avant, et qu'elle dit juste le strict minimum sur sa vie. Pour ceux qui ont l'estomac fragile, sachez que les descriptions des meurtres ou tentatives de meurtres remuent assez. Mais il n'y a pas que ça, et puis pour vous préparer vous n'avez qu'à lire Le Nouveau Détective. En bref, c'est un putain de livre, parce qu'il ne sombre à aucun moment dans la facilité, ce que je craignais (en tant que farouche opposante à la peine de mort), et qu'Ann Rule a réussi à ne pas tomber dans l'admiration pour Ted Bundy, ni dans le dégoût le plus total. Et c'est donc pleine de compassion, à la fois pour lui et à la fois pour ses victimes, qu'elle retrace de manière très objective toute sa vie, avec quelques éléments qui pourraient éventuellement expliquer ses meurtres.
27 janvier 2009
Oh by the way, the new furniture looks great from the yard.
Yes Man, c'est vraiment pas glop du tout. Mais pas. Du. Tout.
J'osais espérer que la secte du Yes serait rendue ridicule, mais non. En fait, la morale du film, si j'ai bien tout suivi, c'est qu'il faut dire oui à tout mais pas à tout en fait, parce que après on dit oui alors qu'on n'a pas envie, et donc après les gens ils savent plus trop si on dit oui parce qu'on est forcés ou parce qu'on le veut, non mais voyez le genre ?
Les deux seuls points positifs étaient de voir Danny Masterson, et surtout Rhys Darby, qui est bien évidemment Murray dans The Flight of the Conchords. Sans le bouc on a du mal à le reconnaître, mais heureusement il a toujours son chouette accent rigolo.